jeudi 19 avril 2012

les vraoums au musée

après le road-movie états-uniens, les vraoums font de l'art 

allez donc voir :
les vraoums au musée

mercredi 6 janvier 2010

saturday december 19th - frida


Sweet darlings,

This is the end of les Vraoums aux États-Unis.
Elles ont fait leurs paquets, rangé leurs bureaux, fini leur tupperware de choux de Bruxelles - elles disent au revoir sur fond de flocons de neige, d'abord innocents puis de plus en plus compacts.

On les voit, en plan large, braver les éléments pour fuir la petite ville cossue de Watermill et sauter dans un bus, le Hampton Jitney, fonçant sur la route pour échapper à la tempête de neige qui s'abat sur Long Island.
Les Vraoums, donc, roulent de nouveau vers New-York City, la ville de leurs rêves, dans un cosy bus où de replètes et très souriantes assistantes distribuent jus de fruits, paquets de chips, presse du jour, et leur demandent de parler moins fort.
On les jette à Grand Central où elles réalisent que dans leur émoi, elles ont gardé les clés de leur beau truck, et aussi (encore une fois) qu'il n'y a pas d'escalator dans le métro de New-York et que quand on se promène avec un spectacle entier dans sa valise à roulettes, c'est lourd.
Mais vaille que vaille, et dans la tourmente météorologique toujours, les Vraoums arrivent au RPPP, où elles savent que le public les attend de pied ferme, ce soir, après la soupe.

Parce que ce soir, c'est :
AUNTS SECRET DINNER AND A SHOW
Et le show, c'est les Vraoums.
Et le dîner, c'est de la soupe (vegan soup, chicken soup, meat soup), du pain fait maison, du brownie bien compact et de la bière, de la bière, de la bière... (et pour les artistes, la bière spéciale de Lili, "the decision-maker", au whisky).

We play, and what do we play ?
"Balls" (toujours une bonne chanson d'introduction)
"Jim" (avec sous-titres anglais)
"I was French" (la chanson américaine)
"My hair" (les messieurs adorent)
"Animals" (un autre classique, efficace en toutes langues)
"3 chansons de mort" (pour faire pleurer)
"Dalkon Shield" (la chanson californienne)
"I loved you" (et sa petite danse folklorique)
Et en rappel, (et elles se mordent les doigts de ne pas avoir mis "Femmes" sur leur Ipod pour faire danser la foule en délire), c'est "Le Pli" (une autre chansons psychédélique).
Ca hurle, ça piétine, ça réclame ; les Vraoums sont prêtes à faire le Zénith à New-York, tellement on les aime - d'ailleurs c'est prévu l'année prochaine.

Et puis, la journée n'est pas encore finie, il faut aller goûter à la neige qui est tombée toute la soirée et qui emplit les rues - en groupe, on s'enfonce dans la neige, en file indienne, on pousse des voitures coincées dans les carrefours, on fait des anges et on arrive finalement dans un friendly bar où les Vraoums se font offrir des boissons par des fans reconnaissants et dans lequel on danse, pour se détendre.

Et encore, en rentrant, un dernier bol de soupe devant Mad Men et les Vraoums se couchent en rangs d'oignon dans leur petite chambre prêtée de nouveau par Jon, l'homme aux chats.

Thank you America, we kiss you and we'll be back.


friday december 18th - cap'tain


Ce soir nous jouerons au Watermill Center notre récital de fauves. Nous entrons dans le grand atelier, ce sera le dernier matin à considérer ce lieu comme le nôtre. Le décor conçu la veille n'a pas bougé. Les lambeaux de papiers que la grande intendante Elke avait accroché à l'aide de ses longs bras restaient suspendus, l'image projetée par l'arrière restait projetable. J'avais trouvé cette photo dans le New-York Times du 10 décembre. Un glacier fondu en Bolivie proche d'une granita hallucinogène surplombée par des montagnes moelleuses. Je pensais ce paysage comme une amulette pour notre spectacle. Nous ne savons toujours pas si nous allons faire ce fichu film d'horreur en ombres chinoises ou pas du tout. David doute. Et puis nous le ferons finalement par amour du risque. Je suis d'une humeur effroyable. Je rate deux cafés à la Bodum-cafetière et réussi le troisième à l'italienne. Dans la cuisine, alors que j'éponge le jus de café Sherry raconte des histoires de divas tchèques et de ténors à perruque. Je ris, enfin je la sens naturelle et je la trouve drôle et gracieuse, elle a quitté ses répliques de série télé. Nous faisons un filage. L'heure passe, les heures passent, il est 6pm et nous jouons dans une heure. Claude reste avec grande Elke du côté de la scène, elle accroche des trucs en l'air, des lumières je crois, je suis derrière et coiffe la Frida. Mon collant est fendillé, échelé, deux lignes se dessinent depuis le haut de mon cul et filent dans l'entrecuisses, un point de vernis moche rouge termine chacune d'elle, je suis horrifiée et puis oublie et fixe trois plumes sur le crâne de Frida. David souffle fort, sa banane est montée, son membre en chaussettes aussi.
Il n'est pas 7pm que quelqu'un s'est déjà installé. Cela m'énerve qu'y faire. Il est 7pm maintenant le tout Southampton s'est installé, face à la Bolivie en train de fondre il attend les Vraoums. Le film d'horreur en ombres chinoises les fait déjà rire et je jubile. Je sens que nous jubilons. Nous avons fait une heure et quart de concert. Ce que j'ai ressenti était une force et un bonheur inouï, notre ensemble il me semble n'a jamais été si réussi. Je sens une liberté, une félicité sur scène plus grande que jamais. La bande des Wakka Wakka rit aux éclats, autant de nos farandoles scéniques que de la tête des balais coincés de Southampton qui se débrident peu à peu et finit par rire aussi tellement. À la fin nous aurons un "talk", notre premier talk tiens, enfin considérées comme talkables, et nous répondrons en anglais avec plaisir à chacune des questions posées. Et puis on va picoler, picorer avec le tout Southampton que je trouve finalement fort agréable. Les femmes refaites se défont à l'aide d'un cheedar jeune et de peu de cacahuètes, les chaussures bateaux sautillent en clamant "Vous allez jouer à Brooklyn ! That's great ! It's so avant-garde". Oui, le lendemain nous serons à Brooklyn pour jouer dans un "dinner and show". Je repense à cette conversation avec Vincent qui disait que "l'underground" était un label américain, une estampillation comme notre champagne en France. Pourtant sur scène pour notre public américain nous avions essayé de briser la carrière de Mireille Giuliano et ses clichés terrifiques contenus dans "French women don't get fat"... Vous me suivez ? Aucune importance, ce soir-là nous sommes souriantes et radieuses comme des oiseaux des tropiques, je nous aime entièrement, je ne voudrais plus nous quitter.




Bye bye Watermill