vendredi 18 décembre 2009

tuesday december 14th - frida

C'EST LA JOURNÉE PHOTOS
en grande pompe, les Vraoums défilent dans le Watermill Center
- autour d'une icône en pierre, elles invoquent les puissances de l'amour, les divinités show-off
- parmi les grands arbres dans la lumière rasante, elles posent pour des magazines de rock dans un vent coupant
- dans l'atelier de bricolage, elles rêvent de décors grandioses, de couchers de soleil géants, de skylines mordorées, de cosntructions minimales
- sur le lit de Bob, elles se croient à San Francisco dans les années 70, lascives et baignées de soleil
- perdues dans une forêt de statues, elles ont faim et froid

Après un déjeuner tardif qui les réconcilie avec la journée, les Vraoums se lancent dans une répétition de chansons de mort polyphoniques, en parallèle d'un déroulage d'écran en paravents de papier.
Et des danses folkloriques aux noms multi-nationaux prennent place en cercle autour de David, grande prêtresse de la musique-qui-fait-bouger-les-foules.

Comme un couronnement, on leur offre un "Hummingbird", un gâteau ananas-pomme-banane double couche au glaçage creamcheese bien américain surmonté encore d'ananas séchés au four, et en potlatch, les Vraoums ont fabriqué, de leurs petites mains besogneuses, des compilations étincelantes de chansons françaises.
Prosecco, chanson d'anniversaire, danse endiablée sur des standards d'ici et d'ailleurs... Enfin, elles rentrent, tard dans la nuit et se glissent dans leurs lits douillets après une dernière discussion autour de prénoms qui se portent bien ou pas, c'est selon.

sunday december 13th - cap'tain

saturday december 12th - claude

Le soleil pique en diagonale sur le tapis noir, Cap'tain s'allonge, les trois autres on observe par les mains, comment ce qui est allongé là est fabriqué, un os, un organe, un tendon, quelques douleurs en sus, observation scrupuleuse, détachée, passive, intriguée, détendue, détaillée, oisive, David s'allonge, poursuite de l'intrigue, puis Frida puis moi, Claude.
Du son sort de nos bouches respectives, on l'informe, tasty sound, ça sens, migration des unes vers les autres, glissement guttural.
a-rituel du footing en acte synthésique. Fin de l'échauffement.
Répétition des chansons de la mort. On y met du coeur.
On cherche les Indiens, entre incantation, folklore, beat électro, chanson hors texte, on tente le grow-up et les here and there, on est dans une barque et on rame, avec des manches en bois, très beau parfois mais pas très manipulable. Après quelques petits tas vocaux, on dégage l'espace.
Les wakka wakka ont des invités, la grande table de la salle à manger s'anime. Cette table : impressionnante. Large diamètre. Large diamètre.
On demande aux wakka wakka de soumettre leur opinion quand au son de notre espace, quand on y songue avec micro et sans micro. Enthousiasme américains et/ou retour frais et franc, nous on aime ça. On teste une nouvelle chanson.
La nuit tombe, c'est le moment pour jouer le dit film d'horreur, dans le salon de la maison. Une partition, un scénario. Se mettre d'accord. Il y a de l'ustensile. La pluie, le moteur, le chien, l'ombre, c'est comment, chacun fouille des sons, balbutiement. Ca se termine avec bière et chips à la moutarde de dijon.

friday december 11th - david

Cé moi et Alyson

Normalement je dois parlé de Vendredi.
Mais ici à Ouatermille, tous les jours se suivent et se ressemblent.
Alors à part que Vendredi, Cap'tain a donné le training et qu'on a fait des tours de stade en doudoune, et sauté à pieds joint, eh bien moi, je ne me souviens de rien.
Ah si à un moment, on a mâché un schewing gum magique et imaginaire. Et c'est marrant parce qu'alors je remarque que très souvent avec magique, imaginaire est très souvent associé.
Ici à Ouatermille, l'esprit des bois m'emprunte souvent, euh je suis emprunt de l'esprit des bois, c'est rapport à mon Karma et aux cimetières indiens sur lesquels notre maison est construite. Alors toutes les nuits, je sors pour me demander pardon aux ancêtres sacrés. On voit très souvent des biches qui traversent les routes en quelques bonds grâcieux. Mes potes chasseurs m'ont proposé de faire une sortie mais j'avais oublié mon arbalète à Paris et puis j'ai prêté mon arc à Bob qui ne me l'a pas rendu, avec ma toque en fourrure alors j'ai pas voulu parce que les rames à feu cé pas mon dada, cé trop facile. Et puis quand Bambi apparaît avec toute sa famille, ben mon coeur m'interdit de tiré et je me sens tout petit rapport à toute cette beauté dont la terre a été généreuse et que nous on fé rien que tout cassé et alors je peux pas signer le chèque de caution, ça fé trop mal.
On travaille des chansons sur la mort. Cété mon idée.
Mé là, ça me fé comme lundi, jé pas d'idée. Je suis dans une super mauvaise passe en ce moment, un peu comme mon copain Johnny, - qui é aussi comme mon frère de sang, on n'a quasiment tété tous les deux le même biberon, on né un peu les romulus et remus de la chanson française jé envie de dire - mé cé un peu différent parce que moi la mauvaise passe cé au niveau de la créativité.
Oué, je pense que cé important que d'avoué que nous aussi on peut être faible. On é fragile. D'ailleurs qui diré que quelque part, jé une sensibilité tré féminine.... Eh oué...
Avec Lucinda, sé définitivement fini, elle arrivé pas à me suivre, par contre avec Alyson, cé sérieux, jé même envie de dire cé une question de feeling... Dé fois, je pense à m'installé, j'hésite entre le connecticut e le névada... Je pense à arrété cette vie de patachon et puis je pense à vous et je me dis que ce que je fé à un sens.
Merci.

Allé je vous fé un gros bibi, une bique quisse, comme disent les amériendiens, et surtout Akouna Matata.
Passé un bon week end, votre tré dévoué David...